13 Déc, 2022

Portrait d’Eurêka, artiste slameur qui a trouvé sa voie

Slameur Eureka - Soirée des 10 ans de Co Naissances

Eurêka est un artiste slameur lyonnais, qui explore à travers ses textes le sens de la vie.

Derrière Eurêka se cache un ancien journaliste radio qui a trouvé sa voie (et sa voix !) en osant se lancer dans le slam. Un parcours inspirant qui lui a permis de trouver sa « juste place » et qui résonne avec la raison d’être de Co Naissance

Nous étions donc très heureux qu’il soit présent à notre grande fête des 10 ans pour nous présenter une partie de son concert illustré « Le Meilleur pour la fin ». Un spectacle qui parle ainsi de l’importance de croire en soi… et en ses rêves.

Un grand merci à lui de s’être prêté au jeu de cette interview ! 


🎤 Peux-tu nous dire en quelques mots qui est Eurêka ?

Je suis slameur professionnel : mon métier consiste à donner des concerts partout en France, en Belgique et en Suisse (dans des salles de concert ou des festivals) et à animer des ateliers de découverte et d’écriture du slam dans des écoles, des collèges, des lycées, des médiathèques et des entreprises. J’ai eu la chance de remporter jusqu’ici 4 prix musicaux professionnels.

J’ai une petite manie : chacun de mes textes se termine par un retournement de situation inattendu, qui vous fait soudain voir l’ensemble de l’histoire d’un nouvel œil. D’ailleurs, tapez sur Youtube « Le Mystère de la Chambre Rose » et essayez de deviner quelle sera la chute du morceau avant qu’elle ne vous soit dévoilée !

🎤 Chez Co Naissances, on travaille beaucoup sur les talents durant nos parcours. Quand et comment as-tu su de ton côté que tu allais faire de tes talents de slameur un métier ?

J’ai toujours aimé écouter et écrire du slam. Mon seul problème était que je ne croyais absolument pas en moi ! Mon entourage me répétait sans cesse depuis mon adolescence : « Être artiste, ce n’est pas un vrai métier, trouve autre chose ». J’ai donc commencé à faire de la radio en tant que journaliste, tout en continuant à rêver secrètement de devenir artiste… Car au fond, rien d’autre ne m’intéressait vraiment !

C’est en octobre 2015, suite à une rupture amoureuse, que j’ai choisi de tout envoyer promener et de m’écouter véritablement pour la première fois de ma vie. A partir de ce jour, tout s’est enchaîné très vite : en l’espace d’un an, j’ai remporté mes trois premiers prix musicaux professionnels et vendu mon album auto-produit à près de 5 000 exemplaires physiques, ce qui était à l’époque une performance pour un artiste si peu connu ! J’ai compris alors que nous avions tous en nous un potentiel extraordinaire qui ne demandait qu’à s’exprimer, et que la vie faisait toujours en sorte de nous permettre de le libérer, d’une manière ou d’une autre.

🎤 Quels sont les freins ou peurs que tu as dû surmonter pour devenir slameur ?

J’ai perdu énormément de temps, d’énergie et même d’argent à essayer de me conformer à ce qui se faisait déjà dans le slam. Par exemple, j’ai toujours su que je voulais monter sur scène en chemise, veston et cravate, car cela correspondait à mes goûts et à mon caractère. Mais je m’en suis longtemps empêché, car tous les professionnels que je rencontrais me disaient : « Ce n’est pas une bonne idée, personne ne fait ça dans le milieu des musiques urbaines » ! Je craignais de ne pas être pris au sérieux si je ne rentrais pas dans ce moule.

Et puis, un jour,  j’ai osé répondre : « Justement, c’est exactement pour ça que je vais le faire : parce que personne d’autre ne le fait! » Aujourd’hui, le public m’identifie entre tous les slameurs grâce à cette fameuse tenue de scène. La leçon que j’en ai tirée est : « Plus vous serez vous-même, plus vous toucherez les gens, plus ça marchera pour vous » !

🎤 Durant nos parcours, on propose un travail de projection sur son projet rêvé. Et toi, quels sont tes rêves pour la suite de ton aventure de slameur ?

Continuer à faire connaître mes textes le plus largement possible, en me produisant dans des salles et des festivals de plus en plus grands.

Je pense humblement que mes textes ne peuvent faire que du bien aux gens, car ils les invitent à se faire confiance, et à partir du principe que tout est toujours possible dans la vie, même lorsqu’on est au fond du trou. C’est le message qui traverse tous les morceaux de mon album, « Le Meilleur pour la Fin ». Ainsi donc, plus je ferai connaître ma musique à de nouvelles personnes, plus j’aurai le sentiment de leur être utile, et plus je serai heureux !

🎤 Et pour mieux te connaître, on termine par un questionnaire de Proust revisité à la sauce Co Naissances 😉

  • Si tu étais un quartier de Lyon (et pourquoi) :
    le Vieux Lyon, pour son côté traditionnel, très sage mais toujours surprenant !

  • Si tu étais une valeur (et comment elle s’incarne) :
    La persévérance. J’estime qu’un échec n’est rien d’autre qu’un retour d’information, et qu’il n’a d’autre but que d’être un tremplin vers la prochaine victoire.

  • Si tu étais une fragilité :
    La timidité. Paradoxalement, j’ai été d’une timidité maladive jusqu’à mes 16 ans. Je remplis aujourd’hui des salles de 2000 personnes ; je suis la preuve vivante que tout s’apprend ! J’aide aujourd’hui beaucoup d’ados à vaincre leur timidité et à oser prendre la parole en public lors de mes ateliers d’écriture et d’interprétation du slam en établissements scolaires.

  • Si tu étais un talent :
    L’écriture, et notamment l’orthographe ! Je ne me lasse pas des subtilités étonnantes que recèle la langue française à ce niveau ; c’est un régal pour le passionné d’énigmes que je suis !